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POV Hannah.
Presque trois semaines qu’ils sont partis. Au début, Bill m’appelait tous les jours, parfois même plusieurs fois par jour. Je recevais même des multitudes de SMS en pleins cours juste pour me faire un petit coucou ou un discret bisou. Et puis… les appels ont diminués. Il ne m’appelait plus que les soirs, et j’entendais au son de sa voix qu’il préférerait dormir plutôt que de me parler. Alors, souvent, je coupais court à la conversation, prétextant des devoirs où bien la nécessité d’aider Sam avec les enfants. Evidemment, il me disait toujours qu’il m’embrassait. Il me disait toujours qu’il pensait à moi. Mais au plus profond de moi, j’entendais une petite voix qui me disait qu’il me mentait. Qu’il n’était pas sincère avec moi. J’avais l’impression qu’il m’oubliait… Et maintenant… je sais qu’il m’a oubliée. Je le sais, je le sens. Il ne m’a pas appelée depuis trois jours. Loïs nie, mais je sais que Gustav l’appelle chaque jour encore. Même hier. Et même il y a dix minutes. Il l’a appelé il y a dix minutes. Et moi, pendant ce temps, j’attends un appel depuis trois jours. Je ne veux pas l’appeler. Il m’a dit qu’il le ferait, et j’attends toujours. Le pire peut être, c’est qu’aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Mes amis américains m’ont appelée, mes amis allemands sont venus me voir. Ma grand-mère m’a appelée de New York. Même mon grand-père ayant Alzheimer se disait qu’aujourd’hui était une journée spéciale. Mais Bill, lui, il ne m’a pas appelée. Alors je n’attends plus son appel. J’y ai renoncé. J’ai renoncé à le revoir encore une fois. Je fais une croix sur l’homme qui aurait pu être l’homme de ma vie. Mon nouvel objectif est de l’oublier.
Et pourtant à l’heure où je vous parle, j’observe mon portable dans l’espoir de le voir vibrer. Allongée sur mon lit, me regard alterne entre ma table de nuit où se trouve mon portable et mon miroir, ou je peux voir ce qui se trouve sous mon lit. Je n’ai pas encore résolu le mystère de comment cette chose s’est retrouvée sous mon lit (sans doute Loïs qui est venue dans ma chambre lire un peu) mais un magazine s’y trouve. Avec en première page, la personne au monde que j’ai le moins envie de voir. En première page, en gros plan, seul et unique visage que je peux apercevoir à travers mon miroir : Le célèbre Bill Kaulitz, renommé Bourreau des cœurs par Loïs. Alors pour éviter ce maudit visage, je me retourne sur mon lit de façon à n’apercevoir que le ciel blanc par ma fenêtre. A tous les coups, il va neiger encore une fois. Décidément, rien ne va aujourd’hui… Mon cœur est vide, froid… gelé même. Comme l’air. Comme le ciel. Comme l’atmosphère. Je n’aurai jamais imaginé qu’il puisse y avoir un anniversaire moins triste que le premier passé sans ma mère. Ce jour là, j’avais pleuré toute la journée. Mon père avait essayé tous les moyens pour me faire sourire, en vain. Aujourd’hui… je n’ai même plus la force de pleurer. Juste haïr. Encore une fois, mes pensées me ramenaient vers Bill. Encore une fois, mon regard se portait sur mon portable, puis sur la première page du magazine sous mon lit. Et de nouveau, je revoyais son visage, ses traits si fin, sa peau si clair et si douce. Et puis je me rappelais son odeur, son parfum, sa chaleur, les frissons que me procuraient ses doigts le long de ma peau nue. Et cela ne m’apportait qu’une seule et unique envie : le haïr encore plus fort.
Je prends mon MP3. Tous les moyens sont bons pour vider un cerveau dérangé. Dès sa mise en marche, la voix de Katy Perry retenti dans mes oreilles. Ça ne fait pas longtemps que je la connais… elle n’est même pas encore connue en Allemagne… et son album n’est même pas encore sorti. Mais bon… un petit coup de fil auprès des géants du disque et voilà quelques un de ses titres en exclusivité dans mes oreilles. Ça a du bon finalement d’être une petite princesse. Les mots résonnent dans ma tête, la libérant de ses soucis. L’histoire qu’elle raconte me fait imaginer les scènes qui ont pu aboutir à ces paroles.
La porte de ma chambre s’ouvre. Loïs apparait, l’ordinateur portable dans les bras.
-J’ai toqué mais tu n’as pas du m’entendre !
-Pardon ? Dis-je en enlevant mes écouteurs.
-Je viens de dire que tu n’entendais rien…
-Exact ! Tu veux quelque chose ?
-Oui ! Je voulais te montrer quelque chose sur l’ordi.
Elle s’approche de mon lit et s’y assoit. Elle dépose l’appareil en face de moi, ouvre une des fenêtres et se retourne vers moi.
-Oh ! J’ai oublié quelque chose ! Je reviens !
Elle sort de ma chambre précipitamment. Je regarde la fenêtre ouverte sur l’ordinateur. On dirait une photo. Oui, c’est ça, c’est une photo. D’une pièce plus exactement. Que veut-elle me montrer ?
Je regarde l’heure sur mon réveil.
-Hannah ?
Je me retourne vers la porte. Personne. Elle est fermée. Etrange.
-T’es là ?
Je viens de capter d’où venais la voix. Elle vient de l’ordinateur. Je le regarde et sur l’écran apparait … Bill.
-Ah oui, tu es là, je te vois.
-Bill ? Mais…
-Et oui, je te fais une petite surprise. Je m’en veux vraiment de ne pas être avec toi aujourd’hui. Joyeux anniversaire mon cœur !
-Mais … ! Oh, Merci !
-Comment vas-tu ?
Je ferme les yeux un instant. Comment dois-je réagir ?
-Ca va et toi ?
-Moi ça va… mais toi Hannah, je sais que ça ne va pas… je le vois… Et… non…
-Et ? Tu as commencé, tu termines !
-Gustav me l’a dit…
-Evidemment. Et je parie que c’est Loïs qui le lui a dis ? Et je parie aussi que c’est Elle qui a organisé ça…
-Ca quoi ?
-Cette blague Bill. Cette foutue blague ! Tu m’oublies, comme ça pendant trois jours et hop ! Tu apparais devant moi, à travers un écran et tu espères que je ne dise rien ? Tu rigoles j’espère !
-Hannah ! J’ai pas eu le temps de t’appeler !
-Mais Gustav, lui, il a eu le temps d’appeler Loïs ! Pourquoi il a le temps lui ? Hein ? Dis-moi !
Je suis en train de m’énerver ! Et je ne veux pas m’énerver. Enfin, si, je le veux, mais je veux juste le faire souffrir autant qu’il m’a fait souffrir ces trois derniers jours !
Il me regarde tristement…
-J’ai pas le même emploi du temps que lui, Hannah ! J’ai pas eu une minute à moi ces derniers jours, j’ai dormi cinq heures par nuit, je suis épuisé et pourtant, je continue !
-C’est bien toi ça ! Ton travail passe avant le reste… avant ta famille, avant tes amis, avant MOI et même avant ta propre santé. Si tu crèves, viens pas te plaindre après !
-Je…
Il reste là, bouche bée, sans savoir quoi dire ni que faire. Je m’en veux d’avoir dis ça. Je regrette les derniers mots que j’ai prononcés. Je me pince les lèvres comme le font toutes les filles lorsqu’elles sont contrariées. Bill, lui, baisse les yeux. Puis il se lève, et sans un mot, s’en va. Je l’appelle désespérément mais il ne revient pas. J’enfouis ma tête sous l’oreiller et me répète sans cesse « je suis trop conne »
-Hannah ?
Je me redresse précipitamment et observe l’écran en espérant que ce soit Bill. Mais ce n’est que Tom.
-Ouai ?
-Qu’est-ce que tu lui as dit ?
-Je… je lui ai dis ce que ma haine voulait lui dire…
-Pardon ?
-Je… j’ai passé les trois pires jours de ma vie. Tout le monde le sait. Même lui. Et il ne m’a quand même pas appelée !
-Moi non plus !
-C’est pas pareil !
-Et pourquoi ?
-Tu … tu n’es pas lui !
-Mais je suis ton ami ! J’aurai du t’appeler, mais je n’ai pas eu le temps. Moi non plus j’ai pas eu le temps. Et je te jure Hannah, je te jure que Bill pensait tout le temps à toi ! Je te jure qu’il s’en voulait à mort de ne pas t’avoir appelée ! C’est quand on nous a demandé de faire une interview par webcam qu’il a eut l’idée de te souhaiter ton anniversaire comme ça ! D’ailleurs, joyeux anniversaire. Je ne sais pas ce que tu lui as dit, mais j’imagine très bien ce que tu as pensé. Tu as pensé qu’il t’avait oubliée, qu’il en voyait une autre ou alors qu’il s’était bien foutu de ta gueule… mais non, il pensait à toi et se rendait malade de ne pas tenir sa promesse. Et toi, tu l’envoies chier comme une grosse merde !
-Tom ! Je….
-Non, ne dis rien… c’est pas auprès de moi qu’il faut t’excuser. Mais auprès de lui… Alors, tu va prendre ton téléphone et l’appeler, en espérant que ça capte dans le placard…
Sur ces derniers mots, Tom s’en va. Il m’en veut… et il a raison. Mais moi, je n’ai pas vraiment envie de m’excuser. Chacun ses torts. Il doit comprendre pourquoi j’ai réagis comme ça. Il est censé comprendre ! J’attrape mon portable et commence à fouiller mon répertoire. « Bill » Mon doigt reste ne suspend au dessus de la touche appel. J’hésite. Je le fais ? je le fais pas ? je le fais ?


je pense que pour plus la faire ch*er c'est le lion qui faut prendre x'D



ya personne?